lundi 30 mai 2011

Visite des temples d'Angkor

Un peu d'histoire messieurs-dames. Angkor signifie litteralement "ville capitale" faisant reference a la capitale de l'empire Khmer. Ces temples ont tous ete edifies entre le 9e et le 12e siecle, ils representent l'art, la civilisation et l'architecture de l'ancien empire Khmer. A cette epoque, la force militaire d'Angkor, son economie, sa domination culturelle regnait sur le Cambodge, la Thailande, le Vietnam et le Laos.

Les temples sont principalement regroupes dans le parc archeologique d'Angkor, au nord de Siem Reap et quelques uns a l'est. Il en existe une bonne cinquantaine qui marquent chacun une influence (hinduiste ou bouddhiste), une epoque, un style, et se trouvent dans des etats de conservation differents.

Je me procure le pass de 3 jours (au prix exhorbitant de 40$), mais je compte en profiter aux differentes heures de la journee, au moyen de ma bicyclette. Le tuk-tuk est le moyen de visite le plus utilise, sans doute du aux distances, mais la liberte d'action est faible et je ne les vois pas sur certains sites tres interessants.

Le premier jour, je decide de garder les sites les plus connus et impressionnants pour les jours qui suivent (et pour ne pas etre decu des autres), et je m'attaque au grand tour du parc qui doit representer facilement une trentaine de kilometres, je bouffe du temple, et je pedale et marche pendant 8h...

Certains temples sont longs de 800m et sont de veritables labyrinthes. D'autres plus petits sont plus singuliers et se demarquent par leur originalite. Le celebre Ta Phrom est impressionnant et connu pour ses arbres qui prennent le dessus sur la pierre.











J'aime beaucoup les portes du temple Bayon (reserve pour le lendemain) et ses grandes tetes avec chacune leur expression.





Evidemment, pas mal d'entre eux ne me font rien du tout et j'accuse le coup sous la chaleur (je suis en eau tout au long de ces 8h).

Le lendemain, je m'attaque au plus grand et au plus celebre, Angkor Wat, pour le lever du soleil, operation Warrior... Reveil a 4h20 du matin (le soleil se leve tres tot ici), et c'est parti pour 8 kms en pleine nuit, eclaire par les lumieres des tuk tuks qui me depassent. Pas de chance, c'est nuageux ce matin! Apres quelques cliches, j'en profite pour visiter le site completement vide.









Je rejoins par la suite le celebre Bayon, sous la pluie.




Le 3eme jour, de nouveau pas de chance. Je vise le coucher du soleil pour Angkor Wat. Vers 17h le ciel se couvre completement, je decide d'economiser quelques kilometres de pedalage. Et puis trop de temples tuent le temple!! Apres 2 mois de temples Bouddhistes d'abord, imperiaux au Vietnam, et le graal de la civilisation Khmer a Angkor, je decide d'arreter les visites de temples!

Je passe quelques delicieuses dernieres journees sur Siem Reap au contact de Cambodgiens adorables, et egalement avec Nary et Sam, qui continuent inlassablement a tenter de me faire bouffer l'inbouffable...

Je vous laisse deviner ma derniere experience culinaire... 





mercredi 25 mai 2011

Trip, tripes, et trip a Siem Reap

Trip

Le paysage est tres plat et tres sec sur la route entre Phnom Penh et Siem Reap. Je mets 6h a parcourir 300 kms. De gigantesques et fins palmiers bordent la route et les champs de riz asseches. Les maisons sont tres jolies, montees sur de grands pilotis avec leur toit en tuiles ou feuilles de palmier. C'est hallucinant comme les frontieres modifient les paysages. Aucun territoire parmi la Thailande, le Laos, le Vietnam et le Cambodge ne se ressemblent et ils ont tous leur particularite.



 
Mes cliches ne rendent pas grand chose depuis les fenetres de mon bus et quelle frustration de suivre le flux touristique et de ne pas pouvoir m'arreter ou bon me semble, j'ai la sensation de laisser passer tant d'experience, tant de rencontres.

 




Siem Reap est une ville paisible dont la principale activite est le tourisme autour des temples de Angkor, qui se trouvent a une petite dizaine de kilometres de la ville. J'ai l'impression qu'il y a plus d'hotels que de touristes, en cette saison. La route principale pour les temples est bordee d'enormes hotels 3 etoiles minimum. Des cars de touristes s'y arretent, certaines personnes ne visitant que ces temples au Cambodge.

Je reste plusieurs jours ici, j'ai le temps pour m'attaquer aux merveilles de la civilisation khmer. Je commence par decouvrir la ville et ses temples (ceux de Siem Reap, pas Angkor) en bicyclette. Le soir le centre ville et le night market sont agreables, il y a meme la rue des pubs, point de raliement des voyageurs (sorte de Kao San road en plus tranquille). Dans les restaurants, les gamins circulent entre les tables pour mendier, et le malaise s'installe lorsqu'ils nous regardent manger a notre faim (et ils savent y faire...).









Tripes

Le lendemain matin, j'ai rendez vous avec Nari, qui est la soeur d'une de mes anciennes collocs de Londres. Nee en Australie et d'origine cambodgienne, elle vit maintenant a Siem Reap. Je fais sa connaissance avec son mari pendant le breakfast et profite de leur infos sur la ville et la visite des temples. Ils tiennent un grand hotel ici et pensent continuer a developper leur business hotelier avec une offre moins massive. Nous visitons les environs en voiture et rendons visite a un de leur amis qui tient un charmant hotel.

 
 
Nari et son mari (je m'en veux tellement de ne pas retenir les prenoms...) sont adorables avec moi et ils m'invitent manger dans un endroit un peu particulier pour moi (ca je ne le savais pas avant d'avoir vu le contenu de mon assiette).

A premiere vue ca a l'air appetissant.

 


Poulet ecrase au pilon et chili, et grosses fourmis rouges... cela surprend un peu... Ce n'etait pas mauvais, j'avoue avoir bien mache et presque fini mon assiette.




Nous enchainons avec des tripes, foies, estomacs et coeur de poulets, des coquillages cuits au soleil. Le riz frit m'aide a faire passer tout ca...


 
Et trip...

Recommandation de Nari & co, je pedale jusqu'a un village flottant et je suis ravi de sortir du flux. Le lieu est authentique et j'avance aux sons des Helloooo des enfants.

 





2h de balade sur une route en terre, a admirer ces maisons typiques sur pilotis, ouvertes sur la route. Oui la pauvrete est la, mais les sourires sont grands !

Excusez le terme, mais la je trip ma race...!



dimanche 22 mai 2011

Phnom Penh, capitale qui renait de son sang

Il est 21h30, je suis assis sur une tres grande place entouree de gigantesques temples, dans le centre ville de Phnom Penh. Il y a quelque chose d'une fin de journee a l'italienne la ou je me trouve. Les jeunes se sont retrouves ici en chevauchant leur vespa made in Asia, les buvettes de trottoir ne desemplissent pas, les glaces en moins, il n'y a pas d'heure pour manger des nouilles, quelques gosses sont encore debout et courent en jouant a s'attraper, il souffle un air chaud sur la place. J'entend encore la musique autour de quelques groupes de jeunes, quelques derniers pas de danse a ameliorer. Il y a encore une heure de temps c'etait la folie sur cette place. Des dizaines d'entre eux dansaient en choregraphie sur de la musique techno, d'autres s'affrontaient dans une sorte de joute en face a face melant danses et scenes theatrales en playback. Je suis impressionne par le caractere bon enfant des activites de ces djeun's !  Un peu plus tot dans la soiree, des personnes de tout age dansaient en choregraphie, menes par un de ces jeunes, s'improvisant coach...




J'ai passe la journee a parcourir la ville, du haut de ma bicyclette. Mon moyen de transport prefere pour decouvrir un lieu, et puis comme ca les tuk-tuk men me foutent la paix (tu te fais interpeller toutes les 15 secondes ici). J'ai commence par une serie de temples (z'etaient vachement beau dis donc), en renoncant a faire le principal, l'inflation du prix d'entree a vide le lieu (a 6$ et quelques c'est le prix de ma chambre d'hotel).








En tournant sur une rue, je suis surpris de remarquer quelques singes sur des rembardes de balcons, tels des chats de gouttieres. J'en remarquerai d'autres plus tard dans un parc. Il parait quíls sont agressifs, je n'ai pas trop envie de les titiller.




Passage obligatoire des cites que je visite, j'aime traverser les marches. Ceux de Phnom Penh sont gigantesques et tres complets. En plus des classiques magnifiques etalages de legumes, fruits, poissons et viandes, vetements et chaussures, je compte un nombre impressionnant de salons de beautes, coiffeuses et manucures. A certains endroits on tire les cartes, pour predire l'avenir... Les etalages sont impressionnants, mais je ne sais quelles explications me donnent l'impression que ce pays est extremement pauvre.





Le lendemain j'attaque la partie tragique et sanglante de l'histoire de Phnom Penh et du Cambodge.
En 1975, la revolution operee par les Khmers Rouges fait tomber le gouvernement du Cambodge. A la tete du mouvement, Pol Pot, cherche a effectuer une restructuration radicale de la societe. La population entiere de Phnom Penh et d'autres villes provinciales, a peine nourrie, est forcee a travailler jusqu'a 15h par jour dans les champs. Les familles sont separees, comprenant les enfants.
Un genocide commence alors, toute opposition a l'esclavagisme, population dite intellectuelle (ingenieurs, professeurs, meme le simple fait de porter des lunettes, ou de parler une langue etrangere), etre une personne celebre (ecrivains, acteurs, chanteurs), pratiquer la religion (comprenant egalement les moines bouddhistes), parfois meme etre une femme ou un enfant, sont des raisons suffisantes pour etre execute.

Je commence mes visites par la prison S-21. Ancienne ecole reconvertie en prison et chambres a torture. Chaque victime est photographiee avant détre executee, la detresse se lit sur les visages maigres.





L'ecole etant trop petite pour realiser toutes les executions, les prisonniers sont amenes a Choeung Ek (plus connu sous le nom des Killing fields) que je rejoins par la suite, a 14kms de Phnom Penh. Plus d'une centaine de trous ont ete creuses en pleine nature pour recueillir corps, ossements, cranes. Par soucis d'economie de balles, les machettes etaient utilisees, les prisionniers decoupes, parfois jetes encore vivants, agonisants dans les trous. Les enfants de bas age furent cognes contre les arbres jusqu'a la mort.



Le lieu est silencieux et la nature a repris ses droits, mais le sol contient quelques 17000 victimes et l'emotion plane au dessus du site temoin de la barbarie.

En 1979 les Vietnamiens mettent fin a la dictature des Khmers Rouges, environ 1,5 millions de de Cambodgiens ont peri dans les mains de Pol Pot...
Et nous grands colonialistes que nous sommes, ou etait on pendant ces 4 annees??