dimanche 22 mai 2011

Phnom Penh, capitale qui renait de son sang

Il est 21h30, je suis assis sur une tres grande place entouree de gigantesques temples, dans le centre ville de Phnom Penh. Il y a quelque chose d'une fin de journee a l'italienne la ou je me trouve. Les jeunes se sont retrouves ici en chevauchant leur vespa made in Asia, les buvettes de trottoir ne desemplissent pas, les glaces en moins, il n'y a pas d'heure pour manger des nouilles, quelques gosses sont encore debout et courent en jouant a s'attraper, il souffle un air chaud sur la place. J'entend encore la musique autour de quelques groupes de jeunes, quelques derniers pas de danse a ameliorer. Il y a encore une heure de temps c'etait la folie sur cette place. Des dizaines d'entre eux dansaient en choregraphie sur de la musique techno, d'autres s'affrontaient dans une sorte de joute en face a face melant danses et scenes theatrales en playback. Je suis impressionne par le caractere bon enfant des activites de ces djeun's !  Un peu plus tot dans la soiree, des personnes de tout age dansaient en choregraphie, menes par un de ces jeunes, s'improvisant coach...




J'ai passe la journee a parcourir la ville, du haut de ma bicyclette. Mon moyen de transport prefere pour decouvrir un lieu, et puis comme ca les tuk-tuk men me foutent la paix (tu te fais interpeller toutes les 15 secondes ici). J'ai commence par une serie de temples (z'etaient vachement beau dis donc), en renoncant a faire le principal, l'inflation du prix d'entree a vide le lieu (a 6$ et quelques c'est le prix de ma chambre d'hotel).








En tournant sur une rue, je suis surpris de remarquer quelques singes sur des rembardes de balcons, tels des chats de gouttieres. J'en remarquerai d'autres plus tard dans un parc. Il parait quíls sont agressifs, je n'ai pas trop envie de les titiller.




Passage obligatoire des cites que je visite, j'aime traverser les marches. Ceux de Phnom Penh sont gigantesques et tres complets. En plus des classiques magnifiques etalages de legumes, fruits, poissons et viandes, vetements et chaussures, je compte un nombre impressionnant de salons de beautes, coiffeuses et manucures. A certains endroits on tire les cartes, pour predire l'avenir... Les etalages sont impressionnants, mais je ne sais quelles explications me donnent l'impression que ce pays est extremement pauvre.





Le lendemain j'attaque la partie tragique et sanglante de l'histoire de Phnom Penh et du Cambodge.
En 1975, la revolution operee par les Khmers Rouges fait tomber le gouvernement du Cambodge. A la tete du mouvement, Pol Pot, cherche a effectuer une restructuration radicale de la societe. La population entiere de Phnom Penh et d'autres villes provinciales, a peine nourrie, est forcee a travailler jusqu'a 15h par jour dans les champs. Les familles sont separees, comprenant les enfants.
Un genocide commence alors, toute opposition a l'esclavagisme, population dite intellectuelle (ingenieurs, professeurs, meme le simple fait de porter des lunettes, ou de parler une langue etrangere), etre une personne celebre (ecrivains, acteurs, chanteurs), pratiquer la religion (comprenant egalement les moines bouddhistes), parfois meme etre une femme ou un enfant, sont des raisons suffisantes pour etre execute.

Je commence mes visites par la prison S-21. Ancienne ecole reconvertie en prison et chambres a torture. Chaque victime est photographiee avant détre executee, la detresse se lit sur les visages maigres.





L'ecole etant trop petite pour realiser toutes les executions, les prisonniers sont amenes a Choeung Ek (plus connu sous le nom des Killing fields) que je rejoins par la suite, a 14kms de Phnom Penh. Plus d'une centaine de trous ont ete creuses en pleine nature pour recueillir corps, ossements, cranes. Par soucis d'economie de balles, les machettes etaient utilisees, les prisionniers decoupes, parfois jetes encore vivants, agonisants dans les trous. Les enfants de bas age furent cognes contre les arbres jusqu'a la mort.



Le lieu est silencieux et la nature a repris ses droits, mais le sol contient quelques 17000 victimes et l'emotion plane au dessus du site temoin de la barbarie.

En 1979 les Vietnamiens mettent fin a la dictature des Khmers Rouges, environ 1,5 millions de de Cambodgiens ont peri dans les mains de Pol Pot...
Et nous grands colonialistes que nous sommes, ou etait on pendant ces 4 annees??

1 commentaire:

  1. Aucune philanthropie dans nos interventions militaires... où était-on quand Gbagbo a fait bruler vif les habitants d'un quartier populaire d'Abidjan, dont de jeunes enfants ???
    C'était il y a moins de 6 mois...
    ...
    Je découvre ton blog. J'en ai pris plein la vue et l'émotion est là. Tu es radieux.

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